Le marché mauritanien

Présentation Générale Sur La Mauritanie

Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Mauritanie

Zone de Texte: 1. DONNÉES GÉNÉRALES DU PAYS

1.1. Aspects physiques


La Mauritanie est un pays de l’Afrique de l’ouest qui s’étend de l’Océan Atlantique au désert du Sahara sur 1,03 millions de km2. Au nord, elle est limitée par le Sahara Occidental et l’Algérie, à l’est et au sud-est par le Mali, au sud par le Sénégal avec qui elle possède une frontière fluviale « le fleuve Sénégal ».

La Mauritanie a un climat désertique dans le nord du pays, un régime soudano sahélien prenant au sud où les précipitations pluviométriques sont plus importantes. Sur le littoral, le climat est plutôt « doux » à Nouakchott, les températures moyennes maximales s’élèvent à 
30 ° en janvier et février, 33° à 34° de mars à juin, 32° en juillet et août, 35° à 36° en septembre, octobre et novembre et enfin 29 en décembre.

Dans le reste du pays les températures restent contrastées et variantes. La saison des pluies ou hivernage se situe aux alentours d’août et septembre. 

La végétation du pays se compose de savane de steppe au sud, « des prairies » temporaires et d’oasis ailleurs.

La population : on estime qu’en 2015 avec une croissance de 3 % elle dépassera 5 millions, aujourd’hui, elle frôle les 3 000 000 avec une croissance annuelle de l’ordre de 2,6 %. La population urbaine est estimée à 67% de la population totale, et se concentre pour les trois quarts dans la capitale Nouakchott.

Les langues couramment utilisées en Mauritanie sont l’Arabe et le Français en plus des dialectes parlés par les principales composantes de la population : le  Hassaniya (maures : arabo-berbères et noir), le Pular (Halpulars et peuls), le Soninké (Soninkés) et le Wolof (Wolofs). La langue officielle est l’Arabe ; le Français étant une langue de travail.

1.2. Aspects sociaux


La population active
Plus des 2/3 de la population active se trouvent dans le secteur informel ; le taux de chômage est estimé à plus de 20 % de la population. 
Le secteur informel représente une part importante de l’économie du pays. Essentiellement urbain, il est constitué de plus de 100 000 micro-entreprises; secteur actif dans les activités traditionnelles ne demandant pas de personnel instruit et qualifié. Il représente, selon la Banque Mondiale (BM), 10% du PIB et 23% de la richesse nationale et emploie 60% de la population active ».

(Source : Diagnostic du Secteur Industriel Mauritanien « Journées Nationales de Concertation sur l’Industrie en Mauritanie », Nouakchott – Palais des Congrès les 18 et 19 septembre 2006) 

Revenu moyen par habitant et pauvreté

Le PNB/tête qui est actuellement de 685 $ US devrait doubler en 2010 compte tenu des revenus procurés par le pétrole, ce qui entraînera la prochaine sortie de la Mauritanie de son statut de pays de l’IDA. 

La production du Champ Chinguitti a démarré en février 2006 sur la base d’une production prévisionnelle annuelle de 18,1 millions de barils pendant 9 ans au moment où le monde connaît une flambée des cours du pétrole.
L’exploitation des autres gisements offshore devrait démarrer au cours des prochaines
années, dont le plus important « thiof » serait opérationnel dès 2008. 

Remarque: La production moyenne du secteur pétroler au 30 septembre 2006 s'est établie à 39.297 barils/j, ce qui dénote que le niveau d'exploitation demeure encore loin des  prévisions initiales (75.000 barils/j), même si au mois de mars  la production moyenne a atteint un niveau de plus de 66.000  barils/j.
Son niveau est même retombé en dessous des 20 barils/j dans les deux derniers mois du 1er semestre 2007. 
Cette situation est due à des difficultés techniques ré­currentes liées à  l'enlèvement du brut.

(Source : « Atelier sur les Outils de Promotion du Commerce extérieur » CCIAM/PNUD, Nouakchott – CNPM, les 6, 7 et 8 juin 2006)

La pauvreté recule fortement à Nouakchott avec une baisse dans les principales zones urbaines à environ 15 %. Dans le milieu rural de la vallée du fleuve, elle est en baisse de 18 % zone dont l’activité économique est basée sur l’agro-pastorale, elle même dépendante de la pluviométrie, par ailleurs particulièrement faible. 



En 2000, un peu moins de la moitié de la population, soit 46,3% des mauritaniens, vit en dessous du seuil de pauvreté monétaire correspondant à un dollar par jour.
Ces chiffres montrent un recul de la pauvreté de dix points de pourcentage en dix ans, soit en moyenne une baisse de 1,02 point de pourcentage par an pour le taux d’incidence de la pauvreté.

Le rythme actuel est presque suffisant pour la réduction de moitié de l’incidence de la pauvreté entre 1990 et 2015 puisqu’il permet d’atteindre un taux de 31% en 2015 pour un objectif OMD de 28,25%.
En outre, l’objectif de réduction de la pauvreté fixé dans le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) pour 2015 (19,1%) est plus ambitieux que l’objectif OMD (28,25%)
Dans le cadre de la mise à jour du CSLP, il a été ramené même à 16,3% pour 2015.

La pauvreté est phénomène rural : en 2000, 61,2% des ruraux vivaient avec moins d’un dollar par jour (65,5% en 1996) alors qu’en milieu urbain, cette proportion est de 25,4% (30,1% en 1996)
Les taux de pauvreté les plus élevés sont observés en 2000 au niveau des régions du Guidimagha (78,6%), du Gorgol (76,%) et l’Assaba (65,5%) qui sont des régions agropastorales.
En revanche, les deux grandes régions minières et halieutiques du Nord, Dakhlet Nouadhibou (chef-lieu : Nouadhibou) et Tiris Zemmour (chef-lieu : Zouérate), ont enregistré en 2000 les taux les plus faibles, soit respectivement 4,2% et 16,4%. 
 
Remarque : la pauvreté recule en milieu rural alors qu’elle progresse légèrement au niveau du grand centre urbain de Nouakchott, la capitale. Ce qui prouve que le taux d’incidence suit une évolution élastique et pourrait réagir plus favorablement à des programmes d’investissements s’ils étaient davantage ciblés sur les zones rurales.

(Source : Rapport sur les progrès dans la mise en œuvre des OMD en Mauritanie en 2005, PNUD avec l’appui des Agences de l’UNDG)


1.3. Régime politique 

Pionniers du commerce en Afrique Occidentale les commerçants mauritaniens, en intrépides caravaniers,  exportateurs de gomme, d’animaux, de peaux et d’or, ont servis de relais pour desservir les régions les plus reculées de Mauritanie et plus tard tout le continent africain.

Cette expérience enrichie de celle acquise au Moyen Orient où la Mauritanie était connue sous le nom de « Bilad Chinguitty » ou pays d’un  million de poètes a consolidé sa double vocation, culturelle et commerciale.
Ce statut a permis à cette région de jouer un rôle clé dans le domaine des échanges, constituant ainsi une sorte de plaque tournante du commerce entre les pays de la sous région nord africaine et les anciens Empires Soudano-Sahéliens

La République Islamique de Mauritanie est indépendante depuis le 28 novembre 1960, l’Islam est la religion du peuple et de l’Etat.

La Constitution du 12 juillet 1991 a mis en place un régime politique de type présidentiel. Le Président est élu au suffrage universel direct à deux tours pour un mandat de 5 ans. Il est rééligible une seule fois. Il exerce le pouvoir exécutif et préside le conseil des ministres dont le 1er ministre définit la politique du Gouvernement. 
Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir exécutif et législatif et comprend un conseil supérieur de la magistrature.



Administrativement, la Mauritanie est divisée en 13 régions, 54 Moughataa et 38 arrondissements. Les treize régions comprennent : 12 wilayas (régions) et le district de Nouakchott.

Chaque région a à sa tête un Wali (Gouverneur) et chaque Moughataa est dirigée par un Hakem (Préfet).

Les principales villes du pays sont :

Nouakchott
Nouadhibou
Zouérate
Kaëdi
Atar
Kiffa
Sélibaby
Rosso
Néma
Boghé
Aïoun
Aleg.


1.4. Aspects économiques

Au premier semestre de 2006, les recettes fiscales se sont situées à 46,8 milliards d'UM contre 36 milliards d'UM à la même période de l'année pré­cédente, soit un taux d'accroissement de 30%. 

Quant aux dons,  ils se sont établis à 18,6 milliards d'UM au premier semestre de 2006, sous effet de l'encaissement en juin d'un montant de 13 milli­ards d'UM au titre de l'Initiative de Réduction de la Dette Multilatérale (IRDM).
 Sur la même période de l'année précédente, les dons n'ont été que de 1,13 milliards d'UM. 

Ainsi les recettes totales de l'Etat dons compris auraient atteint, au premier semestre de 2006, 82 milliards d'UM, soit une quasi stabilité par rapport à la même période de 2005 où les recettes se sont établies à 83 milliards d'UM.
Compte tenu des recettes pétrolières dont le mon­tant budgétisé se chiffre à 41,3 milliards d'UM, soit prés de 66% de l'ensemble des recettes (hors dons), les ressources totales de l'Etat, se seraient établies à 123 milliards d'UM au premier semestre de 2006.

Sur la même période, les dépenses publiques se sont établies à 89,8 milliards d'UM, tirées essentiellement par les dépenses en biens et services qui ont augmenté de 100% entre les deux   trimestres, et les dépenses d'investissement (+38%).
 Le solde global, différence entre recettes totales dons et recettes pétrolières compris et dépenses totales, a dégagé, fin juin 2006, un excédent de l'ordre de 33 milliards d'UM.
 Hors recette pétrolière, le solde global se retrouverait déficitaire d'environs 8 milli­ards d'UM.
(Source: Point conjonturel trimesriel édité par la DESD/MAED – N°001/Décembre 2006)
Le secteur agropastoral

La contribution du secteur agropastoral à la formation du PIB a régressé ces dernières années ; elle est passée de 17,2% en 2001 à 15,4% en 2005.
Cet apport provient essentiellement du sous-secteur de l’élevage qui a représenté en moyenne 13% du PIB.  La part du sous-secteur agricole s’est située quant à elle à 3% en 2005. Elle était de 4% en 2001.

L’apport du secteur agropastoral au budget de l’Etat est pratiquement nul.
Les exploitations agricoles sont soumises au régime de droit commun mais les statistiques budgétaires ne mentionnent pas de recettes en provenance de ce sous-secteur.
Il est de même pour l’élevage à l’exception des droits payés sur les animaux exportés au passage des frontières. 

(Source : Rapport de synthèse suite à l’Atelier de concertation nationale sur le Secteur rural « Etat des lieux et Perspectives à court et moyen terme du Secteur », Nouakchott - Palais des Congrès les 8 et 9 février 2007)

La pêche :


La côte mauritanienne est réputée pour être une des côtes les plus poissonneuses du monde. Ce secteur est considéré par le Gouvernement comme stratégique :

Contribue à 44% des recettes d’exportations.
6% du  PIB.
21% des recettes fiscales de l’Etat.
Crée environ 36 000 emplois directs et indirects, soit 6% de la population active.

La consommation intérieure du pays étant faible (16 000 tonnes par an), la quasi-totalité des produits halieutiques pêchés  sont  exportés.   

(Source : MINEFI – DREE/TRÉSOR, janvier 2005)

En se basant sur les données disponibles des captu­res du sous-secteur de la pêche industrielle au titre des sept premiers mois de l'année 2006, la production aurait enregistré une évolution de 10,5%, s'établissant ainsi à 449.035 tonnes fin juillet 2006, contre 406.283 tonnes sur la même période de l'année pré­cédente.
La hausse de la production enregistrée au niveau du secteur sur la période a été essentiellement tirée par celle des espèces pélagiques (13%), dont le poids représente plus de 90% des captures de la  pêche industrielle.

Exprimées en valeur, les exportations sont pas­sées de 23,8 à 25 Milliards d'UM, soit une hausse de 4,6%, essentiellement imputable à l'augmenta­tion des exportations de crustacés (87,4 %) et à la haute valeur marchande des céphalopodes (plus 74% de la valeur des exportations) qui connaît une légère reprise (0,5%), après une chute vertigineuse de l'ordre de 19% au mois de mai 2006.

(Source: Point conjonturel trimesriel édité par la DESD/MAED – N°001/Décembre 2006)

L’activité minière et industrielle 

Aujourd’hui la pêche et l’industrie minière procurent 99% des devises étrangères.
Le secteur minier qui concerne à ce jour, essentiellement l’extraction du minerai de fer par la SNIM, occupe une place de choix dans l’économie du pays:

Contribue à 55% des recettes d’exportations.
12 à 15% du  PIB.
10% des recettes fiscales de l’Etat.
La SNIM avec ses 4000 employés (plus 2000 emplois en sous entreprise) est le 2ème employeur après la Fonction publique.

(Source : MINEFI – DREE/TRÉSOR, janvier 2005)

L'activité de la SNIM, qui avait connu des conditions défavorables, entraînant une décélération du rythme de croissance de la production (de 5,1% en 2004 à 0,7% en 2005), aurait été marquée en 2006, par une reprise de la production. 

En effet, au terme des sept premiers mois de 2006, la production est passée à 6,6 millions de tonnes après avoir été de 5,2 millions de tonnes à la même période en 2005, soit une augmentation de 26%. Si cette tendance se maintenait, la production se situerait à 11,3 millions de tonnes à la fin de l'année 2006 soit un accroissement de 5,2% par rapport à 2005.

Dans cette perspective d'augmentation des prix et des quantités, la valeur des exportations en fin de l'année 2006 pourrait se situer à 115,1 milliards d'UM contre 89,1 milliards en 2005, soit une progression de 29%.

Concernant les Mines de Cuivre d'Akjoujt (Guelb Oumghrein) dont la ca­pacité de production devrait atteindre, dès 2006, 30.000 tonnes de cuivre pur et 2 tonnes d'or par an, le démarrage de l'activité a été inauguré en mars 2006. 
Ainsi, le vol­ume de production attendue au cours des quatre der­niers mois de l'année serait de 10.000 tonnes de cui­vre et 22.000 onces d'or.

( Source: Point conjonturel trimesriel édité par la DESD/MAED – N°001/Décembre 2006)

Les industries manufacturières contribuent à 4,1 % avec une progression de leur valeur ajoutée de 3,94 % en un an. 

Principalement orientées vers le marché intérieur, ces industries commencent à exporter une petite partie de leur production en particulier dans le domaine des pâtes alimentaires, des biscuits, du lait, des eaux minérales, du sel iodé, des allumettes, des emballages et du ciment.
En dehors du secteur minier et de celui de la pêche tournés vers l'exportation, la Mauritanie est faiblement industrialisée avec 41 petites unités en activité.

L'industrie manufacturière mauritanienne est confrontée à un environnement
très difficile : étroitesse du marché local, faible pouvoir d'achat des consommateurs, dépendance quasi totale des matières premières et des produits semi-finis qui doivent être importés, concurrence des produits étrangers qui bénéficient de l'ouverture du marché avec la libéralisation du commerce extérieur, coûts élevés de l'énergie et du loyer de l'argent...
  
Les équipements sont souvent anciens et les technologies utilisées ainsi que la faible qualification de la main d'oeuvre ne permettent pas, à quelques exceptions près, de bonnes performances. L'industrie de transformation, contrôlée en grande majorité par le secteur privé, ne représente que 3 % du PIB. Elle employait en 2 000, 1292 salariés et la valeur de sa production était de l'ordre de 40 millions d'euros.

Les secteurs porteurs
Ainsi la croissance depuis 1998 repose à 80% sur le dynamisme des services : transport et télécommunications (+13.8% en 2002), le commerce et la restauration (+3.8%), et les administrations publiques (+7.8%). Le BTP contribue également largement à la croissance (+13%).
L’agro-alimentaire occupe désormais la première place des entreprises
manufacturières pour le nombre d’unités, le volume des investissements,
les emplois créés, la production et la valeur ajoutée. La valeur ajoutée
générée par ce secteur représente 34% de la valeur ajoutée nationale.
 Les investissements dans ce domaine sont aussi très conséquents (ils représentent
37% des investissements industriels).

A noter que la  fin des préférences commerciales non réciproques imposée par l’OMC (1er janvier 2008) aboutira aux nouveaux Accords de Partenariat Economique (APE), et donc à l’ouverture progressive du marché mauritanien aux produits de l’UE.

(Source : MINEFI – DREE/TRÉSOR, janvier 2005)


Les tableaux ci-dessous fournissent des informations sur les principaux partenaires de la Mauritanie :









La Situation de la balance des paiements et l’endettement 

En 2005, les exportations se sont chiffrées à 604.1 millions US$ et les importations (FOB) à 1384.4 millions US$, soit une balance commerciale déficitaire de (-783.3  millions US$).
Pour la même période les recettes (dons inclus) ont atteint 131.3 millions US$  contre 166.1 millions US$ pour les dépenses, soit un déficit de 34.8 millions US$, selon les statistiques de la Banque Centrale de Mauritanie (BCM)

(Source : www.bcm.mr , 2005)


Les objectifs de la Mauritanie pour l’an 2015

Sortir de la spirale de l’endettement qui entraîne des charges annuelles de remboursement de plus en plus lourdes (plus de 100 millions de $ US par an) et condamne toute possibilité d’investissement et donc d’amélioration du revenu du citoyen.

Mettre en œuvre une politique à long terme de lutte contre la pauvreté en portant ses efforts principaux sur le développement du capital humain du pays avec pour objectifs la création d’emploi et l’accroissement du niveau de vie de la population.

Un Mauritanien sur deux vit sous le seuil de la pauvreté avec moins de 1 $ US par jour.

L’objectif est de réduire la pauvreté à 17 % de la population totale en 2015.
L’un des moyens permettant d’atteindre ce dit objectif est : l’allégement de la dette extérieure.

Le plan mis au point avec l’aide de la Banque Mondiale et des pays créanciers de la Mauritanie propose un allégement important de sa dette extérieure, chaque $ US de dette annulée devant être systématiquement investi dans le pays pour favoriser le développement économique du pays et la lutte contre la pauvreté. Une période probatoire a été fixée entre 1999 et 2002, avec des allégements partiels de la dette. A partir de 2002, ce sont 1,1 milliard de dollars de la dette qui seront annulés et réinvestis dans le programme de lutte contre la pauvreté.